Mon expérience au sein du tournois Français de mémoire (en ligne) 2020 !

Le 17 et 18 octobre s’est tenu le tournois français en ligne de mémoire, organisé par l’Association des Sports de mémoire. Disposition particulière, le tournois s’est déroulé en visio-conférence.

Quel bilan tirer de cette expérience ? Quels ont été mes réussites et mes échecs lors de cette compétition et surtout pourquoi il faut tenter de participer à genre d’événement. Je vais répondre à ces questions dans cet article

Une organisation spéciale

Crise sanitaire oblige, la compétition se déroule à distance. Cela signifie que les questions d’organisation et d’arbitrage furent modifiées pour permettre à l’événement de respecter un standard proche d’une situation de compétition en format présentiel.

Les participants devaient donc avoir à leur disposition deux ordinateurs ou un ordinateur et un téléphone portable, ceci afin de pouvoir être filmé pendant les épreuves et éviter toute tentative de triche. Toutes les épreuves se sont déroulées via l’outils présent sur le site de l’IAM.

Voici maintenant la liste des épreuves constitutives du championnat par ordre de passage :

Les chiffres parlés

Il s’agit d’une épreuve au cours de laquelle une voix énonce en anglais une suite de chiffres à mémoriser. Les candidats ont 3 essais au total.  Le but est évidemment de mémoriser le plus de chiffres possibles en ayant en tête que la première erreur est éliminatoire. Si par exemple vous avez bon aux 4 premiers chiffres mais que vous faites un trou de quelques-uns, vous n’aurez que 4 chiffres comptabilisés.

Les chiffres (5minutes)

Il s’agit ici de mémoriser la plus longue série de chiffres possible en 5 minutes en disposant de 15 minutes de restitution. Le comptage des points se fait par ligne de 40 chiffres, une ligne complète rapporte la totalité des points, une erreur rapporte la moitié et deux erreur zéro.

Les chiffres binaires (5minutes)

Même consigne que pour les chiffres « normaux ».

Les dates (5minutes)

Dans cette épreuve sont proposées des dates aléatoires correspondant à des évènements fictifs, le but étant d’en mémoriser le plus possible.

Les cartes (10 minutes)

Le but de cette épreuve est de mémoriser le plus de cartes possibles en 10 minutes. Le comptage des points se fait par paquet, sauf pour le dernier. Cela signifie que les paquets, à l’exception du dernier, doivent être restitués sans erreur. Pour le dernier paquet les erreurs sont limitées à 3.

Les chiffres (15 minutes)

Même consigne que pour les chiffres 5 minutes mais pour 15 minutes.

Les noms et les visages

Il s’agit de mémoriser une liste de prénoms et/ou de Noms présentés sous des visages. Les noms sont de consonnance latine mais peuvent être très éloignés des noms fréquemment utilisés en France.

Les images (5 minutes)

Dans cette épreuve des lignes de 5 images sont présentées. Il s’agit de mémoriser l’ordre de ces 5 images sur toutes les lignes proposées.

Les mots (5 minutes)

Une liste de mot est présentée, il faut en mémoriser le plus possible en 5 minutes.

Les cartes rapides

Les participants ont 5 minutes maximum pour mémoriser un paquet de de 52 cartes. Le paquet doit être restitué en entier.

Mes résultats aux épreuves

Photo by Isaac Smith on Unsplash

Sans vous abreuver de scores et d’informations à tout va je vais revenir sur certaines épreuves clés au sein desquelles mes performances furent à la hauteur (de mon humble niveau) ou en dessous de ce dont je pense être capable.

Total noob sur 3 épreuves !

La totalité de mes entrainements, en tout cas depuis le mois de Mai, se font sur le site Memoryleague. Bien que les techniques de mémorisation soient similaires, le format IAM est très différent. Au sein de ce format, 3 épreuves se distinguent nettement du format memoryleague : les chiffres binaires, les images et les dates.

Mémoriser des chiffres binaires « à l’arrache »

Jamais je ne me suis entrainé à l’épreuve des chiffres binaires ni n’ai pris le temps de me renseigner sur les systèmes existants. Je comptais uniquement sur mon système Majeur, ignorant totalement des systèmes bien plus adaptés. J’ai cependant pu compter sur la gentillesse et le fair-play respectable de certains compétiteurs qui m’ont renseigné sur un système de mémorisation efficace quelques secondes avant l’épreuve.

Pas de miracle donc, j’ai dû composer avec un système très mal maitrisé, je suis donc arrivé à un score assez médiocre : 60 chiffres.

Des images sans palais mental

L’épreuve des images fut également nouvelle pour moi. Je suis habitué au format de memoryleague où il faut mémoriser 30 images en 60 secondes maximum. Je m’entraine assez bien sur ce système. Sauf que l’épreuve des images de l’IAM est très différente.

Il s’agit plutôt ici de se rappeler de l’ordre des images qui sont classées par 5 ! Cela ne nécessite pas l’utilisation d’un palais mental. Néanmoins une certaine gymnastique mentale doit être maitrisée pour former des images mentales très rapidement.

Mon score à cette épreuve ne fut pas glorieux mais plutôt satisfaisant pour une première fois : 155 images correctement placées.

Les dates : horreur !

L’épreuve des dates fut une totale découverte pour moi. Aucunes d’entre-elles ne fait sens (normal pour un tournois basé sur la mémorisation et non sur la culture G) et les événements qui y sont associés sont parfois très difficiles à imaginer.

Résultat des courses, un score faible de 12 dates mémorisées.

Deux erreurs bêtes sur les chiffres.

S’il y a une épreuve sur laquelle je ne pensais pas me planter c’était bien celle des chiffres. Je me suis entrainé sur mémoryleague à mémoriser 80 chiffres en moins de 60 secondes avec une relative (relative !) aisance. Mais sur les épreuves des chiffres je commets deux erreurs.

Sur l’épreuve des 5 minutes, effrayé par l’erreur de trop qui pourrait me faire perdre mes précieuses lignes, je révise 3 fois les chiffres pour être sûr de les avoir en tête. Je perds donc un temps considérable en relecture. Résultat : 80 chiffres. Autrement dit, ce que je suis capable de faire « normalement » en 1 minute (5 fois moins de temps).

Sur l’épreuves des 10 minutes je me sens plus en confiance, je révise moins et j’arrive aux abords de la 10ème ligne plutôt relax. Seulement, je saute une image mentale dans ma restitution et je perds une grande partie de mes points à cause du décalage engendré. Je réalise un score de 100 chiffres.

Voici les scores sur lesquels je suis assez peu fière, bien que non déçu. Un tout petit peu d’entrainement, de préparation et de technique m’auraient permis d’avoir des scores plus à la hauteur de ce dont je pense être capable.

Mais avant de tirer un tableau trop sombre de cette épopée, présentons tout de mêmes quelques mentions de scores honorables.

Quelques scores honorables !

Un sans faute sur les mots

La mémorisation des mots n’est pas mon épreuve favorite, je fais trop régulièrement des fautes stupides ou des erreurs de frappes que je ne distingue qu’à la fin de la restitution.

 Ici tout s’est bien passé, j’ai correctement révisé mes mots, évité les pièges et les mots compliqués (bonjour xylophone) pour arriver à un score de 75 mots mémorisés sans faute. Il s’agira du 2ème meilleur score sur cette épreuve.

Les cartes, encore les cartes…

L’épreuve des cartes est peut-être celle sur laquelle je suis le plus préparé. Voilà des semaines que je m’entraine à passer en dessous de la minute 30 sans erreur et sans avoir à « deviner » des cartes. Les deux épreuves des cartes furent donc confortables pour moi. Par manque de confiance je « sécurise » les deux paquets sur l’épreuve des 10 minutes en sachant que j’aurais sûrement pu faire au moins un demi-paquet supplémentaire.

Sur l’épreuve des cartes rapides j’arrive à mémoriser le paquet entier en 1minutes 28, légèrement au-dessus de mon record perso de 1minute23, j’arrive même à faire 1minute 17 sur le second essai mais deux inversions de cartes invalident l’exploit !

Classement et retour d’expérience

Avec un mélange de scores satisfaisants et d’autres moins satisfaisants je parviens tout de même à me hisser à la 4ème place du classement avec 2356 points. Mon objectif était d’arriver dans le « top 5 » , le voilà réalisé.

Je sais cependant que je suis capable de bien mieux, avec un petit peu plus d’entrainement, de confiance et de maitrise des épreuves.

L’aventure en elle-même fut réellement géniale, l’ambiance au sein du petit groupe de compétiteurs, entre entraide et petits mind games était au top. Je n’ai pas vu passer ces deux jours intenses d’épreuves.

J’ai pu mettre un visage sur les noms de mes camarades compétiteurs et avoir avec eux des discussions stimulantes.

Pourquoi pas vous ?

J’ai commencé à m’entrainer à la mémorisation en Mars 2020 sous l’impulsion de Guillaume Petit Jean, champion de France 2019. L’Association des Sports de Mémoire propose cette opportunité énorme de pouvoir faire partie d’un collectif d’athlètes de la mémoire, une « communauté » où règne l’entraide et la bienveillance.

Sept mois après mes premiers entrainements me voilà au tournois Français. Ce qui était à la base un défi personnel est devenu une véritable passion.

Je peux comprendre que l’éventualité d’une compétition refroidisse certains qui ne se sentent pas prêts à relever un tel défi.

Il existe pour cela la version « light » de la compétition, concoctée par l’équipe de l’ASM qui propose aux compétiteurs de participer à un nombre limité d’épreuves (noms et visages, images et mots) pour avoir un avant-goût de la compétition et, pourquoi pas, faire germer l’idée de sauter dans le grand bain.

Je ne pourrais que vous recommander cette expérience pour un nombres incalculable de raisons : votre santé mentale, le goût du défi, la capacité de maitriser sa mémoire, l’éventualité de ne plus être aussi dépendant aux outils (smartphone, ordinateurs etc) qui remplacent petit à petit notre mémoire  etc.

Puis, je ne le dirai jamais assez : mémoriser c’est fun… vraiment !

Photo by Clark Tibbs on Unsplash

Pour en savoir plus je vous recommande de visiter le site de l’ASM sur ce lien.

Pour ma part, je retourne m’entrainer pour améliorer mes systèmes de mémorisation, mes performances et pour tout déchirer au prochain championnat !

Je remercie tous les organisateurs de la compétition, les arbitres ainsi que tous les compétiteurs qui ont pris part à l’aventure !

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